Interview - Melissa Bellevigne : "Miroir est plus complexe et rationnel que Paranoïa"

Publié le par Céline

Deuxième roman, deuxième rencontre! En novembre dernier, Melissa Bellevigne était de passage en Suisse pour dédicacer Miroir, suite de son premier roman Paranoïa. L'occasion était vraiment idéale et j'ai donc écrit à Melissa afin de savoir si elle était d'accord de m'accorder une nouvelle interview - la première est juste ici. Et elle a très gentiment accepté.

Je me suis donc rendue à la librairie Payot de Lausanne le 17 novembre 2017* et comme j'étais la dernière arrivée, Melissa m'a accordé un long moment pour répondre à mes questions et discuter un peu. Mais cette rencontre privilégiée ne s'arrêtait pas là puisque nous somme finalement allées manger au restaurant toutes les deux! Un moment inattendu et totalement improbable mais vraiment génial. J'en profite donc à nouveau pour dire un IMMENSE MERCI à Melissa pour sa générosité, sa bienveillance et son honnêteté. ♥ ♥

*Avec les fêtes de fin d'année et les vacances - bien méritées! - de Melissa, j'ai préféré attendre 2018 pour poster cet article. Voilà pourquoi il débarque 2 mois après!

1. Peux-tu présenter Miroir pour ceux qui ne l'ont pas encore découvert?

En fait, je pense que Miroir est justement…le miroir de Paranoïa. Je me suis amusée à reprendre tous les détails présents dans Paranoïa pour essayer de les faire apparaître d’un autre point de vue, comme dans un miroir. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il s’agit de relire Paranoïa différemment puisque ça ne se passe même pas à la même époque. Par contre, ça permet d’avoir des indices sur la même histoire mais avec un autre point de vue.  C’est difficile d’en dire plus sans spoiler donc je m’arrête là!

2. Et si tu devais résumer l'intégralité de cette saga en quelques mots? (Après vérification, il s'agit d'un diptyque ou d'une dilogie. Je n'en étais pas certaine au moment de l'interview.)

C’est très difficile de faire court quand on est romancier et j’ai personnellement beaucoup de peine à m’arrêter de parler! Mais je dirais que c’est une histoire que j’avais envie de raconter pour parler de choses qui n’ont jamais été expliquées dans ma famille, puisque toute l’histoire de l’arrière-grand-mère est vraie, tant qu’elle n’entre évidemment pas dans le fantastique. La lettre où l’arrière-grand-mère raconte ce qui s’est passé quand elle était petite, son année de naissance, ses origines, son enfance, l’histoire de son adoption,… Tout est vrai. Même le nom de famille n’a pas été inventé. Et autant j’avais envie de jouer dans le fantastique avec Paranoïa, autant je souhaitais me réinscrire un peu dans le rationnel avec Miroir. Ce sont deux livres qui sont très différents bien qu’ils soient absolument complémentaires.

3. Donc au vu de tes racines, ce n'est peut-être pas un hasard si tu te retrouves à vivre en Angleterre aujourd'hui?

Non, peut-être pas. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est le destin car je n’y crois pas trop mais cette histoire m’a toujours fascinée. Et je trouvais dommage que ma famille se prétende être savoyarde pure souche alors qu’elle ne l’est finalement qu’à moitié puisqu’on sait que mon arrière-grand-mère vient d’Angleterre.

4. Miroir est donc une suite, mais est-ce vraiment la fin de cette histoire?

En théorie oui. Certains me réclament un troisième tome mais je ne me sens pas de le faire pour l’instant. Je sais que la fin peut être frustrante mais je me suis inspirée du style de Martin Scorcese pour l’imaginer, un peu comme dans "Shutter Island". Il y a sans doute un aspect psychologique là-derrière. Comme si l’auteur n’avait pas envie d’être oublié. J’aimerais que même plusieurs semaines, plusieurs mois, voire années après avoir refermé le livre, ça travaille encore l’esprit. Mais l’histoire se termine quand même et je pense que c’est un peu exagéré de me réclamer un tome 3 car il n’y a plus grand-chose à dire en fait.

5. Ce tome 2 paraît seulement un an après ton premier roman. Tu t'attendais à ce que cette suite arrive si rapidement?

Non, ce n’était pas prévu. J’ai deux gros projets d’écriture qui étaient censés arriver après Paranoïa mais on m’a énormément réclamé ce tome 2 pendant les dédicaces et sur les réseaux sociaux l’année dernière. Et j’avais de toute façon envie d’écrire la suite puisqu’à mes yeux, il ne s’agissait que de la moitié de l’histoire. Je ne l’ai pas tout de suite dit car je ne voulais pas me mettre la pression par rapport aux lecteurs mais j’étais certaine que Paranoïa ne pouvait pas se terminer comme ça. C’était impossible de laisser mes personnages dans une telle situation.

6. Tu avais l'idée de ce roman en tête depuis environ dix ans mais il s'agissait uniquement de l'histoire du premier ou des deux tomes?

Au départ, ce n’était que Paranoïa que j’avais en tête mais je savais que ce n’était pas la fin. Je savais qu’il faudrait que je travaille à une suite car j’avais l’impression d’abandonner mes personnages. Mais j’ai effectivement créé et écrit Miroir en un an. Et encore aujourd’hui, je ne sais pas comment j’ai fait! C’est une situation un peu angoissante d’ailleurs car j’ai peur d’avoir juste eu de la chance en réussissant à l’écrire en si peu de temps. J’ai très peur de la page blanche et de ne pas avoir autant de chance les prochaines fois.

7. Et tu ne redoutais pas que Miroir soit bâclé en l'écrivant si rapidement?

Non pas du tout. Au contraire, je trouve qu’il a presque été plus travaillé puisqu’il est plus complexe que Paranoïa qui joue beaucoup sur le fantastique. Je pouvais donc prendre plus de liberté avec le premier tome, ce que je n’ai pas pu faire avec le second car je voulais travailler sur le rationnel. Ce qui est plus compliqué car il faut que tout soit cohérent. Le fantastique permet de jouer avec les limites du réel alors que là, c’est différent.

8. On est encore loin du livre "positif et coloré" dont tu évoquais la possibilité lors de notre première rencontre. C'est une préférence de rester dans un univers sombre et mystérieux?

A vrai dire, le roman plus positif est toujours en stock. Il fait partie de ma liste de choses à faire. Je déborde de positivisme dans ma vie, sur mon blog et dans mes vidéos car je sais très bien que ce que je partage sur internet va toucher des gens dans leur quotidien. Ce serait quand même dommage de partager des choses négatives. Mais c’est vrai que je me complais beaucoup plus d’un point de vue artistique dans ce qui est sombre. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que j’écoute trop KYO et que leur musique est très mélancolique. C’est de leur faute en fait! (rire) Mais même pour le blog qui est pour le coup très positif, j’ai parfois des idées d’articles très sombres. Et j’avoue que je me censure pas mal. Pas tout le temps mais ça m’arrive car je ne voudrais pas faire du mal à certaines personnes.

9. Toi et ta famille avez récemment déménagé en Angleterre dans un endroit qui semble merveilleux. Cette nouvelle vie et ces nouveaux décors t'ont-ils inspirée pour écrire Miroir?

Pas du tout puisque j’ai fini d’écrire Miroir le 15 janvier 2017 et que nous sommes partis en juin. La publication a été longue et fastidieuse car on cherchait le bon moment pour le publier. Et mon déménagement entre-temps n’a pas aidé à accélérer les choses! Peut-être que ma nouvelle vie à Folkestone se retrouvera dans les détails d’autres romans mais pas dans Miroir. Et qui plus est, son histoire se passe à Paris. Par contre, il y a un passage de ce livre que j’aime énormément qui se déroule à Veulettes-sur-Mer en Normandie. J’ai choisi ce lieu en particulier car ça ressemble beaucoup aux Côtes du Sussex, endroit où je rêvais de m’installer à la base.

10. Et maintenant, c'est quoi la suite pour toi?

Si tout va bien, quelque chose va arriver en 2018 mais ce n’est absolument pas encore fini. J’essaie de préparer un projet par an, même si ça peut parfois prendre plus de temps. Je travaille sur des choses qui seront possiblement très différentes de ce que j’ai fait là. Mais je ne dirai évidemment rien de plus à ce sujet! Quant au roman plus coloré et positif, il existe déjà. Je l’ai écrit avant Paranoïa et il a beaucoup plu à mon éditeur. Mais malheureusement, c’est à moi qu’il ne plaît plus. J'accepte qu’il soit publié un jour mais je veux d’abord le retravailler avec une plume plus adulte.

Tu peux retrouver Melissa Bellevigne sur son blog, sur Instagram et sur Youtube

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Anaïs - A BUNCH OF FUTILITIES 17/01/2018 16:57

Aaaaah j'avais hâte de lire cette interview dont tu m'avais parlé chaton :D! Et je dois dire que ça m'a donné envie de me lancer dans la lecture de ses livres :)!

Céline 18/01/2018 10:57

Et bien si ça a pu piquer ta curiosité, j'en suis hyper contente! Bisous mon petit chat ♥

tinalakiller 16/01/2018 18:02

Je dis juste : WOW WOW WOW!
Je t'enviiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiieeeeeee !! (en même temps, Melissa a l'air d'être un fantastique bout de femme ! :D ).
(et il serait temps que je lise ses romans au passage...).

Céline 17/01/2018 09:35

J'avoue, c'était vraiment chouette comme moment! Et pouvoir discuter de tout et de rien autour d'un bon repas, c'était génial. Sa vie en Angleterre, ses voyages, Youtube, les partenariats,...très instructif et intéressant comme discussion!
J'espère que l'interview t'a plu ;)